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La préservation des zones humides : entre performance économique des exploitations agricoles et qualité environnementale

Porteur : CPIE SÈVRE ET BOCAGE
Région : Pays de la Loire
Mise à jour : lundi 11 février 2013
Année de fin de réalisation :
Compétences mobilisées :
Connaissance, ingénierie - Sensibilisation, information - Gestion d’espace - Aménagement - Concertation, médiation
Thématique(s) associée(s) :
agriculture - développement durable - zone humide

Résumé

Le territoire du Haut Bocage vendéen se caractérise par une activité agricole importante ainsi que par la richesse de ces zones humides. Le CPIE Sèvre et Bocage s’investit fortement pour préserver ces milieux remarquables aux cœurs des enjeux de préservation de la ressource eau et de la biodiversité.

Soucieux de travailler intelligemment avec le monde agricole et de comprendre les exigences et contraintes des agriculteurs, le CPIE a réalisé une enquête sur la représentation des zones humides chez ces usagers. Partenaire de l’AFOCG depuis de nombreuses années, cette structure de conseil et de gestion comptable des exploitations, s’est proposée pour analyser la problématique agriculture/zones humides sous une entrée économique. Cette approche socio-économique et le partenariat avec cet acteur agricole reconnu sur le territoire ont été déterminants dans l’adhésion des agriculteurs au dispositif.

Contexte

Implanté sur un territoire riche en zones humides : le haut bocage vendéen, le CPIE Sèvre et Bocage met en place, depuis 2007, un certain nombre d’actions en vue de préserver ces milieux remarquables pour la biodiversité et la ressource en eau. 80 % des zones humides sont en bon état de conservation. Cette situation est possible grâce au maintien des pratiques d’élevage en place et menées en bon accord avec la spécificité des milieux (pâturage, fauche).

L’agriculture est une activité structurante sur ce territoire. L’élevage bovin y est traditionnellement très présent. Les exploitations rencontrent cependant des difficultés à valoriser les zones humides et cherchent à compenser les contraintes qu’ils y associent pour assurer une viabilité économique de leur activité. Depuis la crise de l’élevage, les agriculteurs se tournent de plus en plus vers des systèmes de cultures céréalières en complément des élevages hors-sol de volaille principalement largement représentés sur le territoire. Ainsi, face à cette désaffection des pratiques d’élevage et une baisse de la diminution des cheptels, l’entretien de nombreuses zones humides n’est plus systématiquement assuré par le pâturage pouvant compromettre l’intégrité de certains milieux.

Dans ce contexte, se pose la question : quelles solutions pour une gestion des milieux et un équilibre économique des exploitations compatibles et durables ?

Objectifs

  • Maintenir une activité agricole pastorale favorable à la préservation des zones humides.
  • Mieux appréhender la singularité des zones humides, ainsi que la représentation qu’en ont les usagers, notamment les agriculteurs.
  • Allier objectifs environnementaux et économiques, dans une logique transversale de développement durable, et avec la volonté de rassembler le monde agricole autour de la question des zones humides.

Description et résultats

Depuis 2005 – Réalisation de diagnostics d’exploitations agricoles pour déterminer les zones à risques pour la qualité de l’eau et proposer des aménagements adéquats (zones tampons, bassin de rétention, création de mares…). 30 à 40 exploitations ont été diagnostiquées à ce jour.

2007- Lancement d’un programme d’actions Zones humides sur le territoire du haut bocage vendéen.

2008 – Conduite d’une enquête auprès des usagers des zones humides, en particulier des agriculteurs.
> 80% des exploitants sont favorables à l’intérêt porté aux zones humides, mais considèrent qu’elles doivent rester exploitables. Majoritairement, ces milieux sont pour eux une contrainte (60 %) et dans une moindre mesure des zones de productions intéressantes (23%). Certains agriculteurs évoquent la nécessité de drainage ou de remblai pour poursuivre une activité sur ces espaces et éviter leur abandon.

Depuis 2009- Dans le cadre de la révision de documents d’urbanisme, et conformément aux préconisations du SDAGE, le CPIE conduit des inventaires de zones humides, auxquels ont contribué plus de 500 agriculteurs.
> Mesure de la superficie communale des zones humides à l’échelle communale, identification de leur état de conservation et des pratiques agricoles sur ces milieux.

2010 - Parallèlement au travail naturaliste du CPIE, l’AFOCG, par l’intermédiaire d’un conseiller en gestion, réalise une étude des performances économique agricole sur le territoire.
> Etude du retour sur investissement de plusieurs systèmes agricoles afin d’en dégager les réels bénéfices économiques
> Mise en perspectives de ces bénéfiques économiques au regard des conséquences sur l’environnement.

Les enseignements de ces deux études environnementale et économique :

  • Dans cette zone de « handicap naturel » lié aux zones humides, le retour sur investissement du drainage ou de l’irrigation (10-12 ans) ne justifie pas le gain de productivité, généralement à la hauteur du capital investit. L’intérêt des cultures céréalières sont donc à remettre en question sur une moyenne des cours.
  • Les zones humides présentent des avantages économiques pour l’activité d’élevage, en raison des qualités agronomiques des pâtures et parce qu’elles sont disponibles en périodes estivales.
  • La création d’étangs ne peut apparaître que comme une plus-value récréative mais rarement comme un investissement permettant l’équilibre économique de l’exploitation.
  • Conclusion : avec des pratiques agricoles adaptées, la préservation des zones humides n’est pas antinomique à une activité agricole viable et durable économiquement.

2010– Utilisation de ces études comme support de réflexion et base d’échange avec le monde agricole, notamment au cours des Rencontres Agriculture - Environnement, organisé en 2010 au cœur du haut bocage vendéen.

2011 et 2012 – Mise en place d’un certain nombre d’actions combinant préservation des zones humides et viabilités économiques des exploitations agricoles :
> formation sur la conduite de pâture et la gestion des abreuvements en milieu humide en vue de réduire les traitements anti-parasitaire et les dépenses associées.
> réalisation d’études pour identifier les relations positives entre activités agricoles et présence de colonies de chiroptères (chauve-souris) dans le bocage vendéen.
> mise en œuvre d’un programme d’actions agricole visant la restauration des cours d’eau à potentiel salmonicole pour l’écrevisse à patte blanche.

Atouts et limites

  • L’entrée économique est fédératrice et déterminante pour l’adhésion des agriculteurs au dispositif.
  • Le partenariat entre le CPIE et l’AFOCG a permis de construire une dynamique constructive s’appuyant sur les trois volets du développement durable.
  • Aujourd’hui, le CPIE est perçu comme facilitateur pour une prise en compte des enjeux agricoles et environnementaux auprès des pouvoirs publics. Egalement, pour la profession agricole, la fonction de médiateur et sa force d’initiatives pour le territoire sont reconnues et attendues.
  • L’approche socio-économique de la démarche ne permet cependant pas de garantir une conservation de l’intégrité de l’ensemble des zones humides du territoire

Partenaires techniques

AFOCG, Chambre d’agriculture de la Vendée, GAB 85, GRAPEA/CIVAM…

Financeurs

Fondation de France, Agence de l’Eau Loire Bretagne, UNCPIE, Communes…


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