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D'une problématique de gestion des friches à la construction d'une réflexion sur l'avenir de l'agriculture sur le territoire de Belle-Île-en-Mer

Porteur : CPIE BELLE-îLE EN MER
Région : Bretagne
Mise à jour : jeudi 13 décembre 2012
Année de fin de réalisation :
Compétences mobilisées :
Connaissance, ingénierie - Sensibilisation, information - Gestion d’espace - Coordination de projet - Concertation, médiation
Thématique(s) associée(s) :
écologie/environnement - agriculture - activité agricole - biodiversité - circuit court

Résumé

Afin de préserver la biodiversité, le CPIE Belle-Île-en-Mer s’est engagé dans une opération territoriale d’animation agri‑environnementale autour de la fermeture des milieux. Le souhait du CPIE de concilier maintien de l’activité agricole, diversification touristique et lutte contre l’enfrichement lui a permis d’établir une relation de confiance avec les acteurs agricoles. La problématique environnementale a pu être dépassée et des projets agricoles de territoire, intégrant des volets socio-économiques ont vu le jour. Progressivement, une réelle dynamique de territoire se construit autour de la place et de l’avenir de l’agriculture dans le territoire bellilois : déprise agricole et avenir des terres, relocalisation de la consommation, transformation de la production, questions foncières…

Contexte

Sur Belle-Île-en-Mer, une régression de la profession agricole, essentiellement extensive et de type lait-viande-ovin, provoque le délaissement des parties du territoire les plus difficiles à valoriser, et de ce fait une fermeture du paysage ainsi qu’un appauvrissement de la diversité biologique des zones rurales.

L’activité touristique et l’urbanisation qui l’accompagne entrent en concurrence avec l’activité agricole et son rôle dans l’entretien des milieux. Parallèlement, cette activité touristique encourage également les agriculteurs à s’organiser pour la vente directe de leur production.

Dans ce contexte, le CPIE Belle-Île-en-Mer engage dès 2004 des collaborations avec le monde agricole sur la problématique de l’enfrichement des prairies et des landes.

Objectifs

  • Maintenir une activité agricole extensive et dynamique, garante du paysage et de la diversité de ses composantes naturelles.
  • Conserver un cadre de vie attractif pour la population locale et permettant une diversification touristique complémentaire au tourisme littoral.
  • Développer la vente directe et la transformation des produits agricoles afin de relocaliser la consommation.
  • Participer à retisser le lien entre monde agricole et consommateurs.
  • Développer l’autonomie de l’activité agricole belliloise.

Description et résultats

De la gestion des friches…

  • 2004 : Début de la réflexion sur la gestion des friches dans un objectif de préservation de la biodiversité et des paysages.
  • 2004 - 2010  : Mise à contribution des agriculteurs pour la gestion de ces friches au travers de diverses mesures contractuelles tel qu’un Contrat Nature régional, dispositif expérimental ayant permis de sensibiliser le territoire au problème de l’enfrichement.
  • Depuis 2009  : mise en place d’expérimentation pour la gestion des friches (organisation de chantiers bénévoles, envoi de courriers aux propriétaires fonciers, partenariat avec les collectivités).
  • 2011 : Réalisation d’un état des lieux socio-économique de l’enfrichement.

à la mise en place de projets socio-économiques…

La relation de confiance qui s’est établie entre le CPIE et les agriculteurs a conduit à la mise en place de partenariat pour le développement de filières courtes et à la diversification des activités et productions.

  • 2006 - 2007 : Sollicitation du CPIE par un groupe d’agriculteur réunit au sein d’une association pour mutualiser les moyens de vente directe des produits agricoles. Réalisation d’une étude de faisabilité étudiant les aspects techniques, sanitaires, juridiques, la demande du marché local et la volonté des agriculteurs et autres acteurs du territoire.
  • 2008 : Mise en place d’un point de vente collectif, avec l’appui du CPIE.
  • 2009  : Mobilisation du CPIE par les agriculteurs pour les accompagner dans la création d’un laboratoire de transformation.
  • Fin 2009 : Sous l’impulsion du CPIE, les producteurs intègrent un volet environnemental à leur projet associatif, volet jusqu’à présent laissé de coté au profit des aspects socio-économiques. À l’initiative des agriculteurs, des partenariats avec des apiculteurs se mettent en place et des formations pour la gestion des prairies sont proposées à l’ensemble des agriculteurs de l’île.
  • 2010  : Retirement progressif du CPIE afin de rendre l’association de producteurs autonome.

et à la construction d’une réflexion sur l’avenir et la place de l’agriculture dans le territoire bellilois.

L’état des lieux socio-économique de l’enfrichement réalisé en 2011 a mis en évidence la nécessité de considérer cette problématique sous un angle nouveau. Les friches étant des conséquences de la déprise agricole, ne faudrait-il pas, plutôt que de chercher à lutter contre la fermeture des milieux à l’aide des agriculteurs, envisager une politique agricole territoriale forte sur le territoire pour maintenir l’activité agricole ?
Le dialogue avec la communauté de communes, les agriculteurs et la population est lancée, créant une dynamique territoriale autours de la question agricole.

  • La problématique du foncier, du partage de l’espace entre l’activité agricole et l’activité touristique et l’urbanisation qui l’accompagne est discutée.
  • La relocalisation de la consommation des produits agricoles, notamment en production laitière, est abordée. Se profile alors des projets de transformation de ces produits.
  • L’idée d’organiser des « États généraux de l’agriculture » se précise dans les esprits.
  • Des partenariats et des échanges avec les îles alentour, connaissant les mêmes problématiques, s’envisagent.

Atouts et limites

Atouts

  • Une relation de confiance CPIE - agriculteurs permettant de donner une ampleur territoriale et transversale à un projet initialement porté sur la préservation de la biodiversité.
  • Une forte évolution de l’ancienne représentation du développement agricole local.
  • Le CPIE est reconnu comme assembleur de compétence, animateur de projet et de vie associative.
  • Le développement d’une sensibilité à l’approche systémique.

Limites

  • Une inertie d’une part de la profession et de la résistance au changement.
  • Une difficulté à intégrer certains espaces enfrichés dans les systèmes d’exploitation.
  • Un manque d’animation agricole pérenne sur le territoire.
  • Une vision parfois à court-terme préjudiciable à la mise en œuvre de politique ambitieuse.

Partenaires techniques

ADASEA du Morbihan, Au Coin des Producteurs, Communauté de communes de Belle-Île, Office du tourisme de Belle-Île-en-Mer, Conseil Régional de Bretagne, Conseil Général du Morbihan, DDAF du Morbihan, DSV du Morbihan, DIREN Bretagne, Chambre d’agriculture du Morbihan, Agrocampus Ouest, FRICVAM Bretagne.

Financeurs

Conseil Régional de Bretagne, Fondation de France, Conseil Général du Morbihan, Fondation Nature et Découvertes, Fondation Nicolas Hulot, CNASEA, FEADER, communautés de communes de Bangor et de Belle-Île-en-M


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