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« Mémoire des inondations en Picardie » : oeuvrer pour une culture du risque partagée

Porteur : UNION RÉGIONALE DES CPIE DE PICARDIE
Région : Picardie
Mise à jour : jeudi 28 octobre 2010
Année de fin de réalisation : 2011
Compétences mobilisées :
Connaissance, ingénierie - Sensibilisation, information - Formation - Coordination de projet - Concertation, médiation - Consultation, participation - Edition, publication
Thématique(s) associée(s) :
société - sciences humaines et sociales - eau - hydrologie - risques - catastrophes et risques naturels - risques majeurs - histoire - ethnologie - climat - changement climatique - inondation

Résumé

L’union régionale des CPIE de Picardie est devenue le relais des partenaires locaux dans la
constitution et la mise à disposition d’une mémoire des inondations de son territoire. Après leur collecte, les éléments de mémoire (témoignage, archives, études), seront organisés et mis en valeur à travers des expostions, des conférences, des livrets, des formations d'élus et de professionnels et d'un site internet portail.

Contexte

Le développement d'une culture du risque et l'entretien de la mémoire des catastrophes sont des missions qui incombent notamment aux collectivités, aux organismes chargés de la gestion de l'eau et aux services de l'Etat. Ces missions répondent à des obligations réglementaires comme, par exemple, la pose de repères de crues ou l'élaboration d'un "document d'Information sur les risques majeurs" dans le cadre d'un plan de prévention des risques.

Malgré ces obligations réglementaires, les actions dans ce sens restent discrètes et peu nombreuses, faute de moyens, de savoir-faire et de retours d'expériences.

C'est pourquoi les CPIE de Picardie, à travers leur union régionale, ont débuté un travail sur la mémoire des inondations pour contribuer à la constitution d'une culture du risque.

Objectifs

L'objectif est de créer un espace de dialogue, permettant aux gens qui ont vécu l'inondation (riverains, élus, chefs d'entreprises, agriculteurs, pompiers, ...) de témoigner. 

Il s'agit de collecter, rassembler, oragniser, valoriser et faire vivre tous ces éléments de mémoire pour proposer des supports permettant de développer une culture sereine et responsable du risque.

Description et résultats

Les étapes du projet

Première année (2009-2010) : Collecte des éléments de mémoire. Chaque CPIE travaille sur une inondation emblématique de son département, reflétant la diversité du territoire (rual, urbain, péri-urbain) et des types de crue (ruissellement, débordement de cours d'eau et remontée de nappe). 

Deuxième année (2010-2011) : Valorisation des éléments de mémoire : publication d'un petit livret, sorties nature sur le thème de l'inondation, conférences grand public, soirée projection-débat, expositions, formations à destination des élus et des chefs d'entreprise, ...

 

Trois territoires d'expérimentation

Aisne (Pays du Sud de l'Aisne) : En 2009, des inondations par ruissellement ont affecté plusieurs petites communes rurales de cette région viticole où les enjeux sont très important (AOC Champagne). Les coulées de boue ont été extrêmement dévastatrices et les esprits restent marqués par cet événement récent.

Oise (Pays Noyonnais) : En 2007, des inondations par débordement de cours d'eau ont affecté plusieurs communes péri-urbaines. Ces inondations ont marqué les esprits, mais leur souvenir commence à s'estomper.

Somme (Abbevillois) : En 2001, les inondations de la Somme par remontée de nappe font beaucoup parler d'elles dans les journaux télévisés. Le territoire très urbanisé d'Abbeville a été particulièrement touché et pendant plusieurs mois. A l'occasion du 10e anniversaire de cette crue, quels sont les souvenirs des riverains ?

 

Collecte des éléments de mémoire

Cette phase du projet est ambitieuse : travailler à partir de différents supports pour toucher tous les aspects (humains, réglementaires, hydrologiques) de la problématique inondation. La démarche sociologique est celle qui nécessite le temps de travail le plus important. Compte tenu de la
nature des informations récoltées (mémoire, émotions, ressenti, perceptions) le nombre d'entretiens auprès de la société civile et des élus doit être plus important que le nombre d'entretiens réalisés auprès des institutionnels.

Nature de la démarche d’enquête

 

Matériel récolté/sources

Sociologique

 

Entretiens individuels et retranscriptions intégrales

Historique

 

Recherches dans les archives

Medias

 

Recherches de coupures de presse, photographies anciennes, vidéos

Juridique

 

Analyses de documents d’urbanisme, de règlements

Geographique

 

Observations et analyses de terrain

Scientifique

 

Recueil de données météorologiques, pluviométriques

Cette méthode est avant tout celle d'une approche sociale d'un territoire. Il est possible de la transférer dans d'autres champs d'action comme le paysage ou le patrimoine. Elle pourrait aussi permettre de revisiter des sujets naturalistes sous l'angle sociétal et d'ouvrir la voie à des travaux novateurs (perception de la biodiversité par les habitants d'un Parc, par exemple).

Résultats attendus

  • Réalisation d'un site internet portail permettant de télécharger et de visionner l'ensemble des éléments du projet (phtoographies, coupures de presses, journaux télévisés, ...). Liens vers tous les acteurs de la préventions des risques en Picardie.
  • Publication d'un livret "Paroles d'Inondations", recueil de témoignages (téléchargeable ci-après http://www.cpie-picardie.org/index....
  • Sorties natures "Sur les traces de l'inondation"
  • Conférences grand public
  • Projection - débat
  • Formations à destination des élus communaux et des chefs d'entreprises
  • Exposition

Atouts et limites

Développer une culture du risque sur un territoire ne se décrète pas.

Une culture du risque "à tout prix" n'est jamais souhaitable. Pour être efficace, elle a besoin d'être comprise et partagée par la population pour être en rapport avec la réalité du territoire.

Sans ignorer les savoirs experts, la démarche doit mettre au premier plan la parole des habitants, partant du principe qu'un savoir co-construit (par les riverains notamment) constitue un discours plus efficace qu'une étude technique.

La cohabitation des approches est complexe.

L'idée est de faire co-exister, avec la même légitimité, deux types de savoirs susceptibles de sensibiliser des publics différents.

Partenaires techniques

EPTB, Syndicats de Rivières, Pays, Communautés de Communes, Communes, agriculteurs, riverains, chefs d'entreprises, DREAL, DDT, SDIS, Préfectures, Chambres d'Agriculture, Chambres de Commerce et d'Industrie, Lyonnaise des Eaux, Associations de sinistrés, Archives départementales, Musées, Association des cartophiles de l'Aisne, conseil régional de Picardie, Conseils généraux, CRDP, CDDP, Rectorat de l'Académie d'Amiens, Inspections Académiques, ...

Financeurs

Conseil Régional de Picardie (financement sur deux ans).


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